Après trois semaines de rando le besoin de changement se fait sentir chez certains, deux jours de repos et de visite touristique vers Valparaiso seront les bienvenus. Sauf pour les acharnés de la montagne, avec Loïsyann nous préferront tenter un autre sommet.
J-22, version montagne.
Notre première intention était de rester dans la même région et de suivre une longue piste qui nous mènerait haut dans les montagnes avec certainement plusieurs possibilités de randos depuis un camp de base. C´était sans compter sur les autorités locales qui ont la bonne idée de barrer la route à la descente pour laisser passer les voitures qui montent vers les stations, B4k, but képi, argh les enfoirés ! Donc changement de plan, va pour El Plomo, le gros sommet du coin, on connait le chemin le départ peut ce faire depuis Valle Nevado, là ciao les potes, à dans deux jours.
Un ticket randonneur nous permet de gagner de la hauteur facilement, une petite descente nous met dans le bain puis le boulot commence, traversée, montée, traversée, descente, montée tout ça dans un four haute température, ça sent le rôti ! Arrivés à l´emplacement de notre camp, c´est un soulagemet de se poser et de poser nos gros sacs.
La vue sur le sommet et sur l´itinéraire est joliement trompeuse, ça parait facile et court, on verra ! On se dépèche de manger avant qu´il ne fasse trop froid et on saute dans les doux duvets, non sans avoir encore un beau coucher de soleil et une magnifique nuit étoilée.
J-23, El Plomo 5424m., le plumé ?
ronf, ronf, ronf, ... dring, ça sonne, 5h du mat. et c´est parti ! sort du duvet et ... ouah non pas sortir ça meule, pas envi. Bon courage, enfile les pompes, tiens ça ne veut pas, vous avez déjà essayé de chausser deux blocs de béton ? Parceque je veux bien dormir avec les chaussons dans le duvet mais pas les boots, y a plus de place, avec les gants, le bonnet, le collant, les chaussettes, le tee-shirt, l´ARVA, le réveil, la frontale, la gourde, plus les chaussons et bibi (ça c´est moi), y a déjà assez de monde non ?
Donc, disais-je avant d´être grossièrement interrompu par moi-même, un quart d´heure après j´ai chaud à force de me battre avec mes pompes. Le temps de se préparer le jour se lève, quelques sommets captent les premières lueurs tels des feux d´alarme signalant l´heure du départ. Ciel clair on peut y aller, la neige est dur, ça dénivèle vite, puis la pente se dresse, les crampons deviennent de rigueur, plus haut l´altitude ce fait parfois sentir, le souffle est plus court. Pour nous aider un peu la montagnedécide de nous sortir le grand jeu, vents terribles et rafales de neige nous assaillent, il faut lutter, courber l´échine puis braver les tourments, les mètres sont difficiles à gagner. Sur l´arête finale seuls les crampons ancrés dans la neige nous évitent le grand vol ou l´humiliante vautre version quatre fers en l´air. Le sommet arrive, poser son cul et profiter du paysage, vache que c´est bon. Je suis crevé et Loïs n´est guère mieux, surtout quand il essaie de replier ses peaux gelées et que le vent s´amuse avec lui, au moins les raquettes ne s´envolent pas, elles. Sur le sommet le vent tente encore de nous envoyer valdinguer et il y arrive presque. Ce n´est pas le vrai sommet, il doit être trois cents mètres plus loin sur une arête sèche et plate ( impossible de revenir en chaussant ), ça ira bien comme ça, pas d´intégrisme sommital aujourd´hui. Partons plutot profiter des champs de peuf, qu´est ce que tu dis, peuf ? rêves mon gars, tu as le choix entre neige béton, neige dur et neige gelée !
La descente pourrait être géniale tellement le cadre est chouette et les pentes potentiellement excellentes, pourrait ... dès le début le topo est clair, ça va être la bataille. Sur le haut la neige dur mais lisse nous laisse descendre, puis le vent nous offre des congères chaotiques abominables à surfer, c'est comme un champ de bosse mais en pire, ce sont de minis murs dans lesquels on plante les spatules, des creux qui déséquilibrent, des tremplins qui nous propulsent en l'air. Bataille, guerre, verdun, combat, survie, torture, ... quelle descente !
Le retour au camp ce fait à l'agonie, les cuisses sont explosées, les dos en vrac et les forces évaporées. Le repos du guerrier après la bataille pour monter, la bataille pour descendre, une dernière bataille nous attend, déplacer le camp plus bas dans la vallée pour trouver du terrain sec et pouvoir recommencer demain directement par de la montée. Un sandwich après il faut démonter le camp, à l'arrache, tout en vrac dans le sac sans trop s'embêter. Puis rechausser les planches et tenter de perdre encore du dénivellé. L'horreur, le gros sac me déséquilibre complétement et je n'ai plus la force de lutter, je rampe plus que je ne surf, petit à petit on avance vers la terre promise, un replat en gravier ressemble à un eden, de quoi se jetter au sol et larver sur place pour la nuit. Nuit qui en plus sera très désagréable à cause du gros vent qui c'est levé et essaie de détruire notre abri. Elle tient le choc. La promesse d'un court retour nous réconforte, on arrive à dormir un peu.
J-24, save by the tire-cul.
La préparation matinale est lente, retour rapide, pas de soleil donc pas d'urgence. Mais il faut tout de même remonter quelques centaines de mètres avec notre gros barda, c'est rude mais rapide, puis une bonne surprise nous attend, une mini descente en peuf, la meilleure glisse du trip, un régal, mais méchant retour à la dur réalité du béton, snif, enfin une dernière grimpette nous ramène sur les pistes gelées. Il faut ensuite remonter au sommet de la station, heureusement un gentil percheman nous épargne encore l'horrible galère, merci les gars. Une partie de surf sur glace plus loin nos carres et nos semelles ont cramées sont la vitesse des pro du dré dans l'pentu à donf, mais elles auront le temps de refroidir, il nous reste l'après-midi pour se reposer en attendant le retour des autres guenilles à la plage.
J-22-23-24, version plage et Valparaiso.
Nos quatre comparses profitent de leur intermède festif et bucolique, leurs impressions ? faut leurs demander !
Manque de pot pour la grasse mat, Cyril aux agués nous annonce un grand soleil, branle-bas de combat dans le dortoir, réveil des troupes. Deux options ce dessinent, couloir pour faire un peu de raide et séance de bloc pour les Bleausards. Tout le monde reprend la route qui mène à Valle Nevado, mais on s´arrete à mi-chemin face à notre couloir et oú se trouve aussi quelques beaux blocs.
C´est dur de quitter nos lits douillés, la route nous assomme à chaque fois, en plus le temps est bien triste, on est en plein brouillard. Soyons optimistes, on s´enfile le petit dej. et on fait les quelques kilomètres qui nous séparent de la traditionnelle station de ski au pied du volcan. On tente le coup malgrès les nuages espèrant passer au-dessus, en remontant les pistes les gens nous regardent de travers avec notre attirail et nos dégaines bizarres, après trois semaines de voyage on commence à avoir de sales têtes ! Le mauvais temps décourage l´équipe, avec Loïsyann on continue un peu histoire de décrasser les jambes pendant que les autres profitent du snowpark ou du bar ! Après avoir remonté une combe nous apercevons le sommet qui semble bien pelé, on pourrait y aller mais on préfère attendre d´être tous ensemble pour le faire. Nous redescendons tranquillement récupérer les potes et rejoindre le fourgon, pas terrible la journée ! Et ça ne s´arrange pas, arrivé à Pucon nous consultons la météo, ce qui donne pluie, pluie et pluie, super. Quelque peu découragés nous décidons de repartir au nord, chercher la bonne neige et le beau temps. Dommage pour les volcans c´est raté, on essaye de ce remonter le moral avec un bon apéro et du guacamol, on est devenu des spécialistes du guacamol-chips-bière, et un gros morceau de beefsteak, de la bonne barbaque ça fait du bien.
Comme prévu nous allons passer la journée sous la pluie mais au chaud coincés dans le van, pour rejoindre Santiago et ses stations de ski. Le voyage est monotone en cette journée grise, mais nous arrivons à Farellones plein d´éspoirs pour le lendemain.
* : intermède mécanique. Un de nos pneus a la bonne idée de crever dans le désert, on trouve le crick, on trouve la cléf, on trouve la roue de rechange, nickel, trop facile. Presque, la galette ne rentre pas, ce n´est pas le bon modèle de jante !*#@?¿¡. Il faut faire du stop pour retourner dans une ville avec le pneu explosé, revenir, ramener le van au garage trouver une vraie roue de secours, voilà comment perdre une demi-journée.
